11.11.2009
Extinction de l'humanité
Extraits de "Chroniques du ciel et de la vie" de Hubert REEVES
"Alors que la sixième extinction d'espèces -tant animales que végétales- se poursuit activement, son spectre laisse planer une lourde menace : celle de devoir inscrire les humains sur la liste des espèces disparues..."
"Les êtres humains prennent facilement pour acquis l'idée qu'ils sont le but, le chef d'oeuvre de l'évolution, et qu'en conséquence ils sont exemptés de la destinée commune des espèces vivantes. Ce n'est pas le message que nous recevons aujourd'hui des connaissances scientifiques. Les espèces qui perdurent sont celles qui arrivent à installer un rapport harmonieux avec les autres espèces de leur écosystème..."
"Dans cette sixième extinction les humains jouent trois rôles différents. Ils en sont la cause ( par leur activité et leur industrie), les victimes possibles, et les sauveurs potentiels..."
"Les menaces les plus graves ne viennent pas de l'extérieur, mais des créations de l'intelligence humaine et de son incapacité apparente à gérer ses propres inventions ..."
"S'humaniser ou périr : ainsi pourrions-nous présenter l'enjeu auquel nous sommes confrontés. La sixième extinction pourrait se terminer non pas par une passivité qui nous mènerait à une inéluctable disparition, mais par une réaction vigoureuse qui, en nous décidant à stopper l'hécatombe des espèces que nous sacrifions actuellement, nous épargnerait nous aussi d'appartenir un jour à la liste des espèces disparues...."

"Alors nous pourrions pousser plus loin, parmi les étoiles et les galaxies, notre exploration de l'univers. Et, préservant et enrichissant notre culture, embellir le monde en multipliant sous toutes ses formes les créations d'oeuvres d'art. Et peut-être - qui sait- bénéficier un jour des apports culturels de civilisations extraterrestres...si elles existent ! " Hubert REEVES
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24.10.2009
PLanète terre

"J'ai atterri un jour sur cette planète, avec mon bagage génétique et la culture de mes proches. C'est le lot avec lequel, chaque matin, j'entreprends une nouvelle journée. Jusqu'à la nuit, je pose des actes qui parfois me surprennent et m'interrogent."
Extrait de " Je n'aurai pas le temps" de Hubert Reeves

Comme les actes, nos paroles et nos images nous surprennent parfois et nous interrogent aussi...De quelles contrées lointaines viennent-elles ? Quels chemins ont-elles parcourus ? Quelles rencontres ont-elles faites en route ? Et quelle est leur destination ?!

Celles-ci se sont nourries à l'imaginaire développé par la lecture récente de "Chroniques des atomes et des galaxies" de Hubert Reeves...J'ai plongé avc ravissement dans cet espace infini et mystérieux que l'auteur sait nous rendre presque familier ...
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03.04.2009
La parole
Extrait de "L'éloignement du monde" de Christian BOBIN
"Ce qui est dit n'est jamais entendu tel que c'est dit : une fois que l'on s'est persuadé de cela, on peut aller en paix dans la parole, sans plus aucun souci dêtre bien ou mal entendu, sans plus d'autre souci que de tenir sa parole au plus près de sa vie."

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29.11.2008
Eloge de la solitude
un livre de Peter FRANCE, sur lequel j'ai relevé cet extrait de "Walden" de Henry David THOREAU :
"Si un homme ne suit pas l'allure de ses compagnons, peut-être est-ce parce qu'il entend un autre tambour. Qu'il marche donc au pas de la musique qu'il entend, quelle que soit sa mesure et si lointaine soit-elle."

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23.08.2008
Livres de verre et photographie

Laurence Bourgeois est une artiste du livre : le livre de verre et papier. Dans l'exposition Méandres au Cirque de Navacelles, du 9 au 17 août 2008, elle exposait aussi des livres crées autour de mes photos et textes...
Sur son site : http://www.vitrail-architecture.com/, que je vous encourage à visiter, Laurence Bourgeois a écrit : " J.Jourdan photographie la nature, l'eau, les pierres...
D'images où elle a surpris et suspendue la matière de l'eau, est né le projet d'un livre en verre, un livre où la rivière serait un temps retenue pour s'écouler dans les mots calligraphiés d'encre vive."
Le travail de Laurence Bourgeois -ainsi que les livres de verre & photographies- est aussi visible à l'Atelier-Galerie Vitrail , rue du Château à Pézénas.


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15.07.2008
Ernst HAAS
Morceaux choisis...philosophie personnelle de l'auteur, à propos de la photographie, extraits d'un essai inédit : "Eléments" :
"La photographie est un pont entre la science et l'art. elle apporte à la science ce dont celle-ci a le plus besoin, le sens artistique, et à l'art la preuve que l'imaginaire ne crée rien qui ne puisse se retrouver dans la nature. Artistes et savants peuvent trouver dans la photographie un dénominateur commun dès lors qu'il s'agit d'élaborer la synthèse de notre vision moderne du temps, de l'espace et de la structure. Nous pouvons écrire les tout nouveaux chapitres dans un langage visuel où prose et poésie se passeront de traducteurs.
L'appareil à photo facilite la prise de vue, et c'est tout. C'est au photographe de donner à voir une réalité, pourtant ordinaire, mais transformée, transcendée. Tout le problème est de transformer sans déformer. C'est en introduisant un ordre subjectif dans un chaos objectif que l'opérateur doit obtenir un surcroit d'intensité sur la forme comme sur le fond. A notre époque d'affrontements toujours croissants entre l'homme et la machine, la photographie est devenue un autre exemple de ce problème paradoxal: comment humaniser, vaincre une machine dont nous sommes complètement dépendants...l'appareil à photo.
En chaque artiste vit la poésie. En chaque être humain vit une part de cette poésie. Nous connaissons, nous ressentons, nous croyons. En tant qu'êtres de savoir, nous sommes tels des savants, nous reposant sur des liens logiques. En tant qu'êtres sensibles, nous sommes tels des poètes, nous reposant sur l'intuition pour appréhender l'irrationnel. En tant que croyants nous ne faisons qu'accepter nos lointaines limites. Il revient à l'artiste d'exprimer par l'unique d'une vie et d'une oeuvre, la somme de ses sentiments, de ses connaissances et de ses croyances. Nul ne peut photographier l'art. Seulement le vivre dans l'unique d'une vision personnelle qui englobe tout ce que l'artiste a en lui d'humain, de vivant, de compatissant.
Il n'existe pas de recette -rien qu'un homme et une conscience pour parler, écrire et chanter ces nouveaux hiéroglyphes de vitesse et de lumière...." Ernst HAAS
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21.05.2008
Passagère du silence
ou Dix ans d'initiation en Chine....Un livre de Fabienne VERDIER aux éditions Albin Michel
Voici quelques extraits :
"Connais-tu le principe de vie du mystère végétal" ? Il allait dans le jardin cueillir une branche : "Regarde : il y a une ossature externe et de la sève à l'intérieur; c'est un fluide qui nourrit la tige. Il y a un mouvement interne et une enveloppe externe stable. J'aimerais que tu reproduises ça avec le coeur. "
"C'est l'attitude du coeur, me disait le vieux maître HUANG, qui fait naître ou non le paysage. S'il est calme et sans entrave, il sera le miroir limpide de l'inspiration qui passe . Par la retenue et l'humilité il suggèrera l'insaisissable, et les éléments du paysage se placeront dans le vide de la composition comme une évidence."
"Le beau, en peinture chinoise, c'est le trait animé par la vie, quand il atteint le sublime du naturel."
En harmonie avec la nature nous sommes reliés à cette source première de connaissance du monde minéral, du monde vivant et de nous-même ! Apprendre à laisser cette force de vie qui habite toute chose s'exprimer à travers nous, dans notre création ?....
15:12 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03.05.2008
Les chemins de la création
Il est bon de relire nos "classiques", comme l'est "Lettres à un jeune poète "de Rainer-Maria RILKE...De nouvelles réponses surgissent à chaque relecture...
"Entrez en vous-même, cherchez le besoin qui vous fait écrire ; examinez s'il pousse ses racines au plus profond de votre coeur. Confessez-vous à vous même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire ? Ceci surtout, demandez-vous à l'heure la plus silencieuse de votre nuit", suis-je vraiment contraint d'écrire" ? Creusez en vous-même vers la plus profonde réponse. Si cette réponse est affirmative, si vous pouvez faire front à une aussi grave question par un fort et simple "je dois", alors construisez votre vie selon cette nécessité. Votre vie, jusque dans son heure la plus indifférente, la plus vide, doit devenir signe et témoin d'une telle poussée. Alors approchez de la nature. Essayez de dire , comme si vous étiez le premier homme , ce que vous voyez, ce que vous vivez, aimez, perdez."
Entrez en vous même, cherchez le besoin qui vous fait ...créer....Essayez de dire ...tout art est langage, comme la poésie.
21:43 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.04.2008
L'élégance du hérisson
La photographie est maitrise d'un langage ai-je écrit précédemment...
"Les hommes vivent dans un monde où se sont les mots et non les actes qui ont du pouvoir, où la compétence ultime, c'est la maîtrise du langage. C'est terrible, parce, qu'au fond, nous sommes des primates programmés pour manger, dormir, nous reproduire, conquérir et sécuriser notre territoire et que les plus doués pour ça, les plus animaux d'entre nous, se font toujours avoir par les autres, ceux qui parlent bien alors qu'ils seraient incapables de défendre leur jardin, de ramener un lapin pour le dîner, ou de procréer correctement. Les hommes vivent dans un monde où ce sont les faibles qui dominent. c'est une injure terrible à notre nature animale, un genre de perversion, de contradiction profonde." Extrait de "L'élégance du hérisson" de Muriel BARBERY
En tant que langage la photographie est-elle alors prise de pouvoir ?
Qu'ai-je à dire que je sache faire ...pour être en cohérence avec moi-même ?!
17:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2008
Martha
"Martha, ou le mensonge du mouvement" de Claude Pujade-Renaud...à propos de Martha Graham
"Ce paradoxe, merveille et cauchemar certes : travailler son corps dans ce qu'il détient de plus intime jusqu'à le rendre quasi étranger et le traiter tel un instrument extérieur. Pénétrer toujours plus avant dans l'intériorité -écouter les pulsations du sang, du sexe, du souffle, parvenir même à percevoir les rythmes viscéraux, végétatifs, s'immerger dans ce murmure et ce grouillement incessants- et tout en même temps jaillir au-delà des frontières officielles du corps, le disloquer, l'annuler. Danser tentait de résoudre la contradiction de ce double mouvement."
"Affronter avec étonnement, inquiétude, sans la protection des montages et savoirs tout faits, cette existence corporelle brute, incongrue. Faire percevoir qu'elle n'est nullement évidente, creuser l'écart entre soi et son corps pour mieux le combler ensuite -rien que les battements du coeur, quelle angoisse! Et la main, cet animal étrange, et la marche...Accepter la vulnérabilité, la laisser voir."
"Jusqu'au jour -on ne sait trop comment c'est venu...du fait d'un labeur obscur en ce lieu nommé le corps et qui ne se réduit pas à lui- oui un beau jour des noeuds intérieurs semblent avoir été défaits par des mains habiles, de minuscules mains démêlant les fibres nerveuses et connectant entre elles des synapses toutes neuves si bien que l'influx circule avec fluidité et soudain, tel un printemps qui vous bourgeonnerait à l'extrémité des orteils, une légèreté inattendue vous est donnée, vous sentez les muscles travailler les os, la chair inutile se dissoudre...On est désenglué de soi-même, et pourtant c'est bien soi, une part de soi ignorée, qui prétend à l'existence. L'espace s'ouvre à vous, presque liquide, on peut s'y ébrouer comme dans les vagues de l'océan proche, voici que l'on entre dans la danse, quelques secondes du moins, on peut s'imaginer avoir fait alliance avec le rythme mouvant des branches, et l'on découvre cette sécurité de l'enracinement dans le sol qui permet de décoller et de s'envoler..."
Pourrait-on vivre sa vie comme une danse ?!
Le photographe travaille le Regard -qui n'est pas seulement un oeil et un cerveau. Regard qu'il tente de relier à son Etre profond, et d'ouvrir à l'Invisible. Il arrive que le photographe VOIT. Il arrive que ses images DONNENT A VOIR -Instants magiques.
La vie comme un processus créateur. Créateur de Soi. D'un Soi relié -dedans dehors. Processus créateur d'humanité.
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